Les secrets du portfolio En vedette

1 septembre 2019
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Le coffret que nous avons réalisé a une particularité surprenante : l’un des éléments qui le compose a été à la fois le plus complexe à concevoir, le plus coûteux à fabriquer (plus de trois fois le prix du livre), et (à première vue tout au moins) le moins utile. Il s’agit du portfolio. Mais pour une œuvre aussi remarquable que celle d’Oswald Wirth, ne fallait-il pas un écrin qui sorte de l’ordinaire ?

Le portfolio est avant tout fonctionnel : ses dimensions ont été étudiées afin qu’il reçoive les deux jeux de tarots, les protège au mieux, et les mette en valeur. Donner aux deux jeux la même hauteur apparente (bien que celui de 1889 soit plus petit que celui de 1926) n’était pas difficile. Mais il fallait aussi que le portfolio trouve sa place à côté du livre, dans le coffret, et par conséquent qu’il soit de même longueur et de même largeur que le livre, tout en maintenant convenablement les deux jeux.
L’affaire est devenue plus compliquée après qu’il fut décidé que le portfolio pourrait se transformer en chevalet : l’ensemble devait s’articuler convenablement, ce qui impliquait de tenir compte de l’épaisseur des jeux, de l’épaisseur des cartons et de leur couvrure en Balacron, de la souplesse relative de celui-ci, de la largeur des charnières entre les parties mobiles. Autant d’éléments qui nécessitaient la réalisation de plusieurs maquettes et d’essais répétés. Bref, du temps, de la patience, et c’est tout.

Mais il aurait été dommage de composer un tel écrin sans y glisser quelques symboles, comme Oswald Wirth l’a fait lui-même dans ses lames de 1926. Des symboles bien antérieurs au moyen-âge, puisqu’ils viennent nous rappeler la géométrie de Pythagore. Un retour aux sources bien naturel, en somme, pour accompagner l’œuvre d’un franc-maçon.

Vous comprendrez que cela n’a pas été facile, puisque l’intégration de ces symboles influait directement sur l’emplacement des plis du portfolio. Mais l’important était d’y parvenir, et le résultat est, je crois, à la hauteur de l’objectif.

Le théorème de Pythagore et la corde à 13 nœuds.

On ne peut évoquer Pythagore sans penser à son théorème, qui nous a tous fait souffrir : « la somme des carrés des deux côtés d’un triangle rectangle est égale au carré de l’hypoténuse ». La manière la plus simple d’en faire la démonstration est de construire un triangle dont les proportions sont 3, 4 et 5. Autrement dit, un triangle rectangle dont les côtés perpendiculaires auraient 3 et 4 cm, et l’hypoténuse 5 cm ; ou 30, 40 et 50 cm ; ou 90, 120 et 150 cm, ou toutes autres mesures dans les mêmes proportions. Ainsi, 3 au carré donne 9 et 4 au carré donne 16 ; 9 + 16 = 25, et 25 est bien le carré de 5. Avec ces proportions 3 – 4 – 5, les bâtisseurs ont imaginé la corde à 13 nœuds, avec laquelle il est facile de tracer au sol des murs à angle droit.
Mettez le portfolio en position chevalet, et regardez le triangle qu’il forme sur les côtés : ses dimensions sont 6, 8 et 10 cm, on est bien dans les proportions 3 – 4 – 5, et il s’agit bien d’un triangle rectangle.

Le Nombre d’Or.

La géométrie grecque nous a aussi laissé le Nombre d’Or, connu empiriquement des Égyptiens, transmis par les pythagoriciens, étudié par Platon, et commenté par Euclide. Son symbole, la lettre grecque phi, est un hommage à l’architecte grec Phidias.
Il était tentant, vous en conviendrez, d’inclure le Nombre d’Or quelque part dans notre réalisation. Tentant, et faisable. Mais pas facile !
Cette fois, c’est sur le portfolio fermé que vous trouverez la Proportion Dorée : elle figure des deux côtés, entre le centre du logo, les rainures et les extrêmités. Et puis, allez, soyons fous : trois fois de chaque côté font une bonne mesure, non ?

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Souscriptions à l'international : merci Facebook !

Souscriptions à l’international : merci Facebook !

6 octobre 2018
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Les souscriptions aux deux tarots d’Oswald Wirth progressent rapidement et le mouvement s’internationalise grâce à Facebook.

Nous le reconnaissons bien volontiers : c’est grâce à Facebook qu’aujourd’hui le nombre des réservations progresse et s’internationalise. Deux à quatre par jour depuis une semaine, et des coffrets réservés principalement en France, mais aussi en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Suisse, en Allemagne, aux USA ! Aucun autre support ne nous aurait permis un tel développement. Alors merci à Facebook, et merci à tous ceux qui ont relayé l’information dans leurs groupes et sur leurs pages. (Et merci à Google pour les traductions. J’espère qu’elles sont justes…)

Tarots of Wirth: subscriptions are progressing rapidly and the movement is becoming international thanks to Facebook.

We recognize it: it is thanks to Facebook that today the number of bookings is progressing and becoming international. Two to four a day for a week, and boxes reserved mainly in France, but also in New Zealand, Japan, Switzerland, Germany, USA! No other support would have allowed us such a development. So thank you to Facebook, and thank you to all those who relayed the information in their groups and on their pages. (And thanks to Google for the translations, I hope they are right …)

Wirth Tarots: Die Buchungen schreiten zügig voran und die Bewegung wird dank Facebook international.

Erkennen Sie es: Facebook ist es zu verdanken, dass die Anzahl der Buchungen heute international ist. Zwei bis vier pro Tag für eine Woche, und Boxen vor allem in Frankreich reserviert, aber auch in Neuseeland, Japan, der Schweiz, Deutschland, USA! Keine andere Unterstützung hätte uns eine solche Entwicklung ermöglicht. Vielen Dank an Facebook und vielen Dank an alle, die die Informationen in ihren Gruppen und auf ihren Seiten weitergegeben haben. (Und dank Google für die Übersetzungen, ich hoffe, sie sind richtig …)

Wirth tarots:予約は急速に進行しており、Facebookのおかげで動きは国際的になっています。

それを認識してください:Facebookのおかげで、今日は予約数が増え、国際化しています。 1日2〜4日、フランス、ニュージーランド、日本、スイス、ドイツ、アメリカを中心に予約されているボックス! 他の支援は、私たちにそのような発展を許さなかったでしょう。 Facebookにありがとうございました。彼らのグループとそのページで情報を中継したすべての人に感謝します。 (Googleの翻訳のおかげで、彼らが正しいことを願っています…)

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Les tarots de Wirth et de Michel Siméon : rendons à César…

Les tarots de Wirth et de Michel Siméon : rendons à César…

30 septembre 2018
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Les Tarots de Wirth et de Michel Siméon : ressemblances et différences.

Depuis les années soixante, les Tarots de Wirth se confondent avec celui que redessina Michel Siméon pour les éditions Tchou. Pourtant, si l’on compare l’original et la copie, on remarque immédiatement certains manques. Nous ne mettrons pas en doute le talent de Michel Siméon, qui illustra admirablement les livres pour enfants de Roald Dahl (Charlie et la chocolaterie…).

Mais force est de constater que, tout comme Camoin « simplifia » le tarot de Marseille, de même Michel Siméon retira du tarot édité par Oswald Wirth en 1926 de nombreux éléments dont le symbolisme est évident. Vous en jugerez en comparant, sur l’image présentée ici, le tarot d’Oswald Wirth (à gauche) et celui de Michel Siméon. C’est regrettable pour qui sait que Wirth mit 40 ans à peaufiner son Tarot, qu’il consacra la majeure partie de sa vie à la compréhension des symboles, et pendant 30 ans au sein de la revue « Le Symbolisme » dont il a été le fondateur.

Une restitution légitime.

C’est pourquoi nous avons réédité les deux tarots d’Oswald Wirth, le premier commencé en 1887 et édité en 1889, le second imprimé en 1926, ainsi que son livre « Le tarot des imagiers du Moyen-âge » reproduit à l’identique de l’édition originale de 1927. Nous offrons ainsi aux lecteurs un ensemble jamais réuni jusqu’alors. La comparaison des deux tarots de Wirth nous raconte l’évolution de la pensée ésotérique occidentale entre le dernier quart du XIXe siècle et le premier quart du XXe. Son livre, dans une langue précise, nous explique tout ce qu’il faut savoir sur la structure et l’interprétation des tarots. L’ensemble, fruit de l’application du créateur du premier tarot kabbalistique sous l’égide de Stanislas de Guaita et de Papus, reste l’une des plus belles œuvres d’Oswald Wirth.

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Le revers des cartes

13 septembre 2018
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On se préoccupe — à juste titre — de l’avers des cartes, rarement de leur revers. Nous nous sommes efforcés de reproduire au plus près les tarots d’Oswald Wirth, que ce soit pour les lames de 1889 ou celles de 1926, jusqu’à y laisser quelques imperfections qui lui conservent son authenticité, et nous transmettent quelque chose de l’âme de Wirth et de ceux qui, avec lui, ont contribué à leur réalisation.

De la réflexion…

Si le revers des lames réalisées en 1889 nous est connu, puisque le jeu nous est parvenu fini, contrecollé sur un support vert clair, en revanche aucune indication ne nous a été laissée quant à celles de 1926, puisqu’elles ont été livrées en planches sur papier fin, ce qui laissait à leur acquéreur la latitude de les conserver telles quelles, ou de les contrecoller et les découper, afin de les utiliser plus commodément. Oswald Wirth lui-même suggère dans son ouvrage de découper les cartes. Un exemple nous est connu de lames de 1926 contrecollées elles aussi sur un support vert clair, mais rien ne permet de penser que c’était la volonté de Wirth. D’autre part, comme nous proposons ensemble les deux jeux (et bien qu’ils ne soient pas tout à fait de la même taille), il nous a semblé utile de distinguer les deux versos.

Dans notre objectif de restitution de l’œuvre de Wirth, il nous a tout de suite paru évident qu’il nous fallait proposer des cartes finies, contrecollées, prêtes à l’usage. Pourquoi Wirth n’avait-il pas, comme en 1889, proposé son jeu de tarot « prêt à l’emploi » ? Sans doute l’aurait-il fait s’il l’avait pu, puisqu’il se sent obligé dans son livre d’inviter le lecteur à découper les planches pour pouvoir disposer les cartes à sa guise. Et s’il ne l’a pas fait, c’est sans doute par manque de moyens financiers : il n’avait plus, comme en 1889, le riche soutien de Stanislas de Guaita.
Il nous fallait donc trouver un moyen d’habiller le revers des cartes.

…au choix du motif…

Le motif s’est imposé assez rapidement : il nous a paru logique de reproduire à l’identique au dos des lames les quatre lettres T A R O disposées en croix qui ornent le verso de la couverture du livre. La couleur du motif — l’or — répond à la teinte or qui habille de symboles le recto de la plupart des cartes de 1926. Notez que les points dorés, s’ils sont régulièrement rangés en quinconce, et à égale distance les uns des autres, ont tous une forme légèrement irrégulière, comme s’ils avaient été posés avec un pinceau très fin. Ils répondent ainsi aux points qui recouvrent l’Ankh, au centre du motif créé par Oswald Wirth.
Le choix parut moins évident pour la couleur de fond. On rejeta les couleurs qui ne s’accordent pas avec l’or, en particulier le vert clair des lames de 1889. Il ne nous restait alors que des couleurs sombres, telles le noir, le bleu nuit, ou… le rouge. Et là, c’est Oswald Wirth lui-même qui nous a soufflé la réponse à notre question. N’oublions pas qu’il était franc-maçon !

…et à celui de la couleur.

Observons les lames n°2 des deux tarots d’Oswald Wirth, celle de 1889 et celle de 1926. On s’aperçoit qu’elles diffèrent par bien des points, mais j’ai déjà expliqué ces différences. Regardons seulement les colonnes : noire et rouge en 1889, bleue et rouge en 1926. N’entrons pas ici dans une exégèse de la symbolique maçonnique. Retenons seulement que l’on commence par la colonne noire (c’était déjà le cas dans le culte d’Isis évoqué sur la lame de 1889) ou bleue, pour aller vers la colonne rouge. Pas de vert, donc…

L’idée nous est venue que, peut-être, le choix du vert venait de l’imprimeur Poirel qui aurait disposé d’une carte assez rigide de cette couleur. Pure spéculation, mais pourquoi pas ? Il nous faut aussi prendre en compte la présence, autour de Wirth à cette époque, de plusieurs personnes férues d’alchimie. Et on sait l’importance que les alchimistes donnent au vert ! Notons au passage que Wirth publiera plus tard une traduction en français du Serpent Vert de Gœthe. Le noir et le bleu sont signes de réceptivité et de commencement. Le vert représente l’entrée sur la voie de la connaissance. Ces trois couleurs évoquent donc, de manière subtilement différente, un départ.

La Symbolique maçonnique.

Mais le doute subsiste encore. Entrons plus avant dans la symbolique maçonnique, si chère à Oswald Wirth. Les deux colonnes évoquent — entre autres choses — une évolution du passif vers l’actif, du réceptif vers l’émissif. La colonne rouge est active et émissive. On ne s’étonnera pas que sa couleur corresponde aux degrés supérieurs de la branche qualifiée d’écossaise de la franc-maçonnerie. Et le vert ? Justement : les premiers degrés des rites écossais (Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) ou Rite Écossais Rectifié (RER) portent précisément le nom de Loges Vertes. En revanche, les degrés les plus élevés du REAA constituent les Loges Rouges. Or, Oswald Wirth faisait partie de la franc-maçonnerie écossaise. À ce stade de notre réflexion, le choix du rouge nous parut évident. Le cheminement de quarante années de travail de Wirth ne pouvait aboutir qu’à cette couleur. C’est aussi celle du cinabre, objectif du travail des alchimistes orientaux. Et plus précisément (puisque c’est la couleur que nous avons finalement choisi) le rouge ponceau. C’est la couleur des hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté que pratiquait Oswald Wirth.

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Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique

Théosophie et maçonnerie égyptienne

16 août 2018
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La théosophie propose, à partir de racines réputées tibétaines ou indiennes, une pensée universaliste. La maçonnerie égyptienne a trouvé dans l’Égypte antique la source de toute initiation. Les deux systèmes de pensée se développèrent conjointement dans le dernier quart du XIXe siècle. Helena Blavatsky créa la Société Théosophique en 1875. John Yarker créa en 1877 le rite maçonnique égyptien de Memphis-Misraïm, en regroupant les rites préexistants de Memphis, Cerneau et Misraïm. La même année, il décernait à Helena Blavatsky un certificat d’appartenance au rite d’adoption associé qu’il venait lui-même de constituer.  La même année, Helena Blavatsky publiait “Isis dévoilée”, premier fondement de sa philosophie, qui connut immédiatement un vif succès. De son côté, Gérard Encausse, alias Papus, adhérait à la Société Théosophique en 1887 et au Rite de Memphis-Misraïm en 1908. Il encouragea Oswald Wirth dans la réalisation de son premier tarot en 1889, et le prit en exemple quand il réalisa son ouvrage « Le tarot des bohémiens ».
Oswald Wirth a lui aussi été influencé par la Théosophie, et le logo qu’il choisit en 1912 est manifestement inspiré de celui de la théosophie. En outre, la Papesse de son tarot de 1889, image d’Isis, évoque autant l’Égypte antique que l' »Isis dévoilée » d’Helena Blavatsky. Néanmoins, le Rite Écossais Ancien et Accepté de la Franc-maçonnerie eut toujours la faveur d’Oswald Wirth et, hors des influences de Papus et d’autres dans les années 1880, on voit sa Papesse de 1926 prendre clairement les couleurs de l’écossisme : les colonnes bleue et rouge en témoignent, autant que la peau devenue claire de la Papesse.
De cette époque jusqu’à nos jours, la Théosophie a connu de nombreuses ramifications, et son influence se fait sentir tant dans les milieux New Age que dans certaines sociétés spiritualistes, telles que l’Association Rosicrucienne (Rosicrucian Fellowship) de Max Heindel et l’anthroposophie de Rudolf Steiner. Néanmoins, elle n’a pas sur l’imagerie populaire l’importance de la franc-maçonnerie. Quant à la maçonnerie égyptienne, ses nombreuses ramifications offrent à la franc-maçonnerie des rituels d’une grande richesse symbolique.

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D’où vient le logo figurant sur la couverture du livre ?

16 août 2018
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Il s’agit d’un logo composite, créé par Oswald Wirth en 1912 pour sa revue “Le Symbolisme”, qui parut jusque dans les années 1970. Il réunit dans un même ensemble trois figures, dont deux choquent encore nos consciences par leur association : la croix gammée et l’étoile de David. Le troisième est l’Ouroboros, ce cercle composé d’un serpent qui se mord la queue. On comprend que l’imbrication d’une swastika et d’une étoile de David dans un même symbole ait pu choquer, dès 1933 et la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne. Pourtant, la croix gammée est l’un des symboles les plus usités, dans toutes les sociétés humaines, et depuis les temps les plus reculés. Signe de chance en Asie, Rudyard Kipling, né en Inde où ce symbole est d’un usage habituel, la faisait mettre en couverture de tous ses ouvrages jusqu’en 1933.

Est-il possible aujourd’hui de montrer à nouveau cet agencement ?

Le désir de rétablir la vérité historique nous amène à répondre par l’affirmative, d’autant que Wirth en explique la raison d’être dans son ouvrage (publié, rappelons-le, six ans avant la récupération de la Svastika par les nazis). Oswald Wirth n’a pas été le seul à les associer : ils figurent aussi sur le logo de la Société Théosophique, ainsi que sur l’un des temples maçonniques de Rennes, édifié en 1930. De plus, remettre ce logo à la place qui était la sienne sur la première édition n’est qu’une juste réponse à la scandaleuse récupération de ce logo par le gourou de la secte des raëliens.

Le logo créé par Wirth, reproduit sur le temple maçonnique de Rennes et la revue “Le Symbolisme”. À droite, le logo de la Société Théosophique.

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Stanislas de Guaita

15 août 2018
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Stanislas de Guaita (1861-1897).

Cofondateur avec Joséphin Péladan en 1888 de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, qui eut aussi pour membres les musiciens Erik Satie et Claude Debussy et les occultistes Papus et Sédir, Guaita était, bien que très jeune, d’une grande érudition dans le domaine ésotérique, et possédait une riche bibliothèque dans laquelle Oswald Wirth puisa avec gourmandise.

C’est aussi lui qui, faisant de Wirth le germanophone son secrétaire, l’aida à écrire un français riche et précis : « Je lui suis redevable aussi de ma formation intellectuelle. Lorsqu’il (Guaita) voulut bien me prendre en amitié, je n’étais qu’un élémentaire manieur de fluide obtenant des résultats empiriques, mais très pauvre en notions raisonnées. Guaita possédait la lumière qui me manquait. Alors que je n’étais teinté que de spiritisme et d’une vague théosophie, il s’était assimilé la doctrine traditionnelle des maîtres de la science occulte, dont il se disait le très humble disciple. Partant d’Eliphas Lévi , il était remonté aux Kabbalistes de la Renaissance et aux Philosophes hermétiques du Moyen-Age, lisant tout et comprenant tout avec une prodigieuse facilité » (in : Le tarot des imagiers du moyen-âge, page 11″).

C’est Stanislas de Guaita qui fut l’instigateur du premier tarot de Wirth : « Me sachant dessinateur, il me conseilla, dès notre première entrevue du printemps de 1887, de restituer les 22 arcanes du Tarot à leur pureté hiéroglyphique et me documenta immédiatement en me confiant deux tarots, l’un français et l’autre italien, ainsi que Dogme et Rituel de la Haute Magie, l’ouvrage capital d’Eliphas Lévi, où le tarot est l’objet de précieux commentaires ».

Guaita est aussi à l’origine de l’adhésion au martinisme de Mauricè Barrès, son ami de lycée, et fut grandement influencé par les travaux d’Antoine Fabre d’Olivet, dont la traduction en français des “Vers d’Or de Pythagore” de Lycius fait encore autorité.

Stanislas de Guaita mourut fin 1897, sans doute victime d’une consommation excessive de drogues opiacées.

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Oswald Wirth (1860-1943)

15 août 2018
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La jeunesse.

Oswald Wirth (1860-1943) est né à Brienz, en Suisse alémanique. Son père est un artiste peintre Alsacien incarcéré neuf mois à Paris pour avoir participé en 1848 à la tentative avortée d’instaurer une “République Sociale”. Il s’était réfugié en Suisse avec sa famille pour échapper à la surveillance policière. Il y développa une activité de souvenirs destinés aux touristes, associant sculpture sur bois et chatoiement des couleurs, qui fit la fortune de la petite commune. Quant à Oswald, il y vécut une enfance paisible, entre un frère aîné et une sœur de quinze ans sa cadette, un père agnostique qui le destinait à la peinture et une mère catholique, faisant tous deux preuve de tolérance. Peu motivé par les études, Oswald fut envoyé poursuivre sa scolarité à Fribourg chez les Bénédictins. C’est là qu’il découvrit par hasard, dans la bibliothèque de l’établissement, un livre traitant du magnétisme médical. Il s’y exerça alors, semble-t’il avec succès.

En 1878 meurt sa mère. La famille rencontre aussi des difficultés financières. Oswald part en 1879 à Londres y exercer le métier de comptable. Passant par Paris, il y découvre la Société magnétique de France, et s’y fait inscrire. Il obtint ainsi à Londres les coordonnées de plusieurs magnétiseurs, dont Joseph Silberman qui lui fera connaître la Franc-Maçonnerie. Il côtoya un temps les Théosophes de la Société Théosophique d’Helena Blavatsky, et trouva chez Mazaros à la fois une sensibilité fouriériste propre à lui rappeler son père, et l’auteur d’un ouvrage de magnétisme qui le ramenait à ses treize ans. Mazaroz était aussi Franc-Maçon.

Le Franc-Maçon.

Devant faire son service militaire, il fut incorporé en 1882 au 16e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne. C’est dans cette ville qu’il est fait Franç-Maçon en janvier 1884, à la loge “La Bienfaisance chalonnaise” du Grand Orient de France. Il y rencontre des frères férus d’ésotérisme, et se voit chargé en 1885 par sa loge de répondre au questionnement de son obédience sur les modifications susceptibles d’être apportées aux rituels pour les simplifier. Il se prononce clairement pour un maintien du symbolisme traditionnel dans un rapport que ses frères, étonnés par la qualité de ses arguments, décident de publier. Le voilà, jeune maçon, déjà distingué.

La rencontre avec Guaita.

Remarqué pour ses talents de dessinateur, son attrait pour le magnétisme, ses positions arrêtées au sein de la Franc-Maçonnerie, il est contacté en janvier 1887 par Stanislas de Guaita. Déjà réputé dans le monde ésotérique, Gaita, dont Wirth sera le secrétaire, lui demandera d’user de ses talents pour réaliser un tarot “kabbalistique”.

Ayant retrouvé son mentor à Paris, Wirth y rejoint en 1889 la loge “Travail et vrais amis fidèles” de la Grande Loge Symbolique Écossaise. Il en fut maintes fois Vénérable. Cette loge rejoindra (probablement fin 1898) la Grande Loge de France. Oswald Wirth fut aussi un des rares membres de la très select et maçonnique “Philaletes Society (Société des Philalèthes)”, tout comme Rudyard Kipling ou Armand Bédarride. Il fut aussi l’auteur de nombreux ouvrages de formation initiatique destinés aux Franc-maçons, et le fondateur de la revue “Le Symbolisme”. Son parcours exemplaire explique et justifie l’importance que lui accordent encore aujourd’hui une grande partie des Maçons.

(Source principale : Oswald Wirth 1860-1943, rénovateur et mainteneur de la véritable Fran-Maçonnerie / Jean Baylot. — Paris : Dervy, 1975)

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De 1889 à 1926, l’évolution de l’ésotérisme

13 août 2018
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Les 37 années qui séparent les deux éditions ont été riches en bouleversements dans la société, et aussi dans les milieux de l’ésotérisme. Le 19ème siècle a été marqué par le développement de deux courants orientalistes : la théosophie et la maçonnerie égyptienne. Oswald Wirth ne pouvait qu’être influencé par ces courants ésotériques. Si le Diable (lame n°15) ressemble plus à celui de Papus (inspiré de celui d’Eliphas Levi) qu’à celui du tarot de Marseille, la Papesse de 1889 a indéniablement les traits d’Isis : sa peau sombre en fait une Égyptienne.

“Dans le symbolisme ancien,” écrit Oswald Wirth dans “La Franc-maçonnerie expliquée à ses adeptes : le livre de l’apprenti” la Science était représentée par une femme assise entre deux colonnes (…) Cette femme est noire, pour indiquer le caractère mystérieux et secret de la science antique.”

Si dans le tarot de 1889 la papesse a la peau sombre, dans celui de 1926 elle a bien toujours les attributs d’Isis (croissant de lune au sommet de sa tiare, manteau rouge, “voile d’Isis” tendu entre les deux colonnes) mais sa peau est blanche et les colonnes ont pris les couleurs des loges bleues et des loges de perfection de la maçonnerie écossaise. Ce n’est pas seulement la pensée de Wirth qui a évolué entre les deux tarots, ce sont aussi les sociétés initiatiques :

la théosophie n’a pas pris en France comme dans les pays anglo-saxons, les rites égyptiens sont restés confidentiels, tandis qu’en maçonnerie le Rite Français et les rites écossais se sont imposés.

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Pourquoi existe-t’il deux tarots d’Oswald Wirth ?

13 août 2018
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Il faut remonter à la rencontre d’Oswald Wirth et Stanislas de Guaita pour comprendre l’existence du premier tarot : en 1887, Wirth était connu dans certains cercles d’initiés, tant pour ses dons de guérisseur que pour son « coup de crayon ». Il était franc-maçon, et c’est un autre initié qui, en la personne de Guaita, est venu lui demander d’employer ses talents de dessinateur et ses connaissances dans le domaine de l’ésotérisme pour créer un jeu de 22 cartes associées aux 22 lettres hébraïques.
En 1888, Guaita devenait grand-maître de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, qu’il créait avec Joséphin Péladan, François-Charles Barlet, Papus, l’un des auteurs les plus prolifiques de l’époque dans le milieu ésotérique, ainsi qu’Augustin Chaboseau, ces deux derniers créant plus tard l’Ordre Martiniste.
Le premier jeu fut imprimé en 1889, à 350 exemplaires seulement. Papus en illustrera son livre « Le Tarot des Bohémiens », paru en 1899. Sans doute Wirth n’était-il pas totalement satisfait de cette première réalisation : collectant sans cesse de nouvelles informations sur les Tarots, affinant toujours son analyse, il publia en 1926, soit 37 ans après le premier, un nouveau jeu qui accompagnera son ouvrage « Le tarot des imagiers du moyen-âge » qu’il fit paraître en 1927.

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