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De 1889 à 1926, l’évolution de l’ésotérisme

Les 37 années qui séparent les deux éditions ont été riches en bouleversements dans la société, et aussi dans les milieux de l’ésotérisme. Le 19ème siècle a été marqué par le développement de deux courants orientalistes : la théosophie et la maçonnerie égyptienne. Oswald Wirth ne pouvait qu’être influencé par ces courants ésotériques. Si le Diable (lame n°15) ressemble plus à celui de Papus (inspiré de celui d’Eliphas Levi) qu’à celui du tarot de Marseille, la Papesse de 1889 a indéniablement les traits d’Isis : sa peau sombre en fait une Égyptienne.

“Dans le symbolisme ancien,” écrit Oswald Wirth dans “La Franc-maçonnerie expliquée à ses adeptes : le livre de l’apprenti” la Science était représentée par une femme assise entre deux colonnes (…) Cette femme est noire, pour indiquer le caractère mystérieux et secret de la science antique.”

Si dans le tarot de 1889 la papesse a la peau sombre, dans celui de 1926 elle a bien toujours les attributs d’Isis (croissant de lune au sommet de sa tiare, manteau rouge, “voile d’Isis” tendu entre les deux colonnes) mais sa peau est blanche et les colonnes ont pris les couleurs des loges bleues et des loges de perfection de la maçonnerie écossaise. Ce n’est pas seulement la pensée de Wirth qui a évolué entre les deux tarots, ce sont aussi les sociétés initiatiques :

la théosophie n’a pas pris en France comme dans les pays anglo-saxons, les rites égyptiens sont restés confidentiels, tandis qu’en maçonnerie le Rite Français et les rites écossais se sont imposés.