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Les secrets du portfolio

Le coffret que nous avons réalisé a une particularité surprenante : l’un des éléments qui le compose a été à la fois le plus complexe à concevoir, le plus coûteux à fabriquer (plus de trois fois le prix du livre), et (à première vue tout au moins) le moins utile. Il s’agit du portfolio. Mais pour une œuvre aussi remarquable que celle d’Oswald Wirth, ne fallait-il pas un écrin qui sorte de l’ordinaire ?

Le portfolio est avant tout fonctionnel : ses dimensions ont été étudiées afin qu’il reçoive les deux jeux de tarots, les protège au mieux, et les mette en valeur. Donner aux deux jeux la même hauteur apparente (bien que celui de 1889 soit plus petit que celui de 1926) n’était pas difficile. Mais il fallait aussi que le portfolio trouve sa place à côté du livre, dans le coffret, et par conséquent qu’il soit de même longueur et de même largeur que le livre, tout en maintenant convenablement les deux jeux.
L’affaire est devenue plus compliquée après qu’il fut décidé que le portfolio pourrait se transformer en chevalet : l’ensemble devait s’articuler convenablement, ce qui impliquait de tenir compte de l’épaisseur des jeux, de l’épaisseur des cartons et de leur couvrure en Balacron, de la souplesse relative de celui-ci, de la largeur des charnières entre les parties mobiles. Autant d’éléments qui nécessitaient la réalisation de plusieurs maquettes et d’essais répétés. Bref, du temps, de la patience, et c’est tout.

Mais ll aurait été dommage de composer un tel écrin sans y glisser quelques symboles, comme Oswald Wirth l’a fait lui-même dans ses lames de 1926. Des symboles bien antérieurs au moyen-âge, puisqu’ils viennent nous rappeler la géométrie de Pythagore. Un retour aux sources bien naturel, en somme, pour accompagner l’œuvre d’un franc-maçon.

Vous comprendrez que cela n’a pas été facile, puisque l’intégration de ces symboles influait directement sur l’emplacement des plis du portfolio. Mais l’important était d’y parvenir, et le résultat est, je crois, à la hauteur de l’objectif.

Le théorème de Pythagore et la corde à 13 nœuds.

On ne peut évoquer Pythagore sans penser à son théorème, qui nous a tous fait souffrir : « la somme des carrés des deux côtés d’un triangle rectangle est égale au carré de l’hypoténuse ». La manière la plus simple d’en faire la démonstration est de construire un triangle dont les proportions sont 3, 4 et 5. Autrement dit, un triangle rectangle dont les côtés perpendiculaires auraient 3 et 4 cm, et l’hypoténuse 5 cm ; ou 30, 40 et 50 cm ; ou 90, 120 et 150 cm, ou toutes autres mesures dans les mêmes proportions. Ainsi, 3 au carré donne 9 et 4 au carré donne 16 ; 9 + 16 = 25, et 25 est bien le carré de 5. Avec ces proportions 3 – 4 – 5, les bâtisseurs ont imaginé la corde à 13 nœuds, avec laquelle il est facile de tracer au sol des murs à angle droit.
Mettez le portfolio en position chevalet, et regardez le triangle qu’il forme sur les côtés : ses dimensions sont 6, 8 et 10 cm, on est bien dans les proportions 3 – 4 – 5, et il s’agit bien d’un triangle rectangle.

Le Nombre d’Or.

La géométrie grecque nous a aussi laissé le Nombre d’Or, connu empiriquement des Égyptiens, transmis par les pythagoriciens, étudié par Platon, et commenté par Euclide. Son symbole, la lettre grecque phi, est un hommage à l’architecte grec Phidias.
Il était tentant, vous en conviendrez, d’inclure le Nombre d’Or quelque part dans notre réalisation. Tentant, et faisable. Mais pas facile !
Cette fois, c’est sur le portfolio fermé que vous trouverez la Proportion Dorée : elle figure des deux côtés, entre le centre du logo, les rainures et les extrêmités. Et puis, allez, soyons fous : trois fois de chaque côté font une bonne mesure, non ?

 

Premier secret : le Nombre d’Or apparaît trois fois de chaque côté du portfolio contenant les tarots de Wirth