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Oswald Wirth Rose-croix ?

 

Qu’Oswald Wirth soit  l’un des personnages les plus influents de la franc-maçonnerie de son temps, cela ne fait aucun doute : son biographe Jean Baylot le présente même comme le « rénovateur et mainteneur de la véritable franc-maçonnerie ». De nos jours, ses ouvrages sont constamment réédités, et les trois tomes de « La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes » restent des best-sellers.

Pourtant, pendant les dix années passées auprès de Stanislas de Guaita en qualité de secrétaire, Wirth n’a pu rester indifférent à l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix que son mentor avait officiellement créé en 1888, sur les bases d’un groupe jusqu’alors informel né vers 1885, et pour lequel Stanislas de Guaita lui avait demandé de réaliser son premier tarot. Alors, Oswald Wirth était-il membre de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ?

Oui, répond Jean Baylot : « L’organisation du Conseil supérieur présumait une structure ordonnée. Sous la direction du Grand Maître Guaita, ses douze membres se répartiraient en trois chambres : la Chambre de Direction avec F.-Ch. Barlet et Papus (Dr Encausse), la Chambre de Justice, Paul Adam et Alta (abbé Calixte Mélinge), La Chambre d’Administration, Wirth et Chaboseau ». (*)

Cette affirmation étonnera sans doute autant chez les francs-maçons que chez les rose-croix, et pourtant cette double appartenance, par ailleurs assez fréquente encore aujourd’hui, n’a rien d’hétérodoxe pour les adeptes de certains rites maçonniques. Voici comment Oswald Wirth présente le rose-croix dans « Le Tarot des Imagiers du Moyen-âge » (page 303 dans l’édition originale et dans notre édition) :

« Le Rose-Croix n’est pas un fidèle aveuglément soumis à la tradition du dogme ; c’est un chercheur indépendant, que ses études et ses réflexions ont instruit des mystères de la religion ». On retrouve dans cette définition l’esprit critique qui n’a jamais manqué à Wirth, et qui s’impose à tout franc-maçon, jaloux défenseur de la liberté de penser. Plus loin, Oswald Wirth fera un parallèle entre les principaux symboles des deux traditions : «  L’étoile flamboyante des francs-maçons s’apparente symboliquement à la rose ».

* Oswald Wirth… / Jean Baylot, page 43.